Ma chère fille,
En arrivant à Nîmes, j’ai trouvé le P. V[incent] de P[aul] un peu désorienté d’une négligence d’administration du P. Raphaël, favorisée par le silence du P. Hippolyte. Puisque vous avez la bonté de nous aider à nous tirer d’embarras, vous nous rendrez un grand service(1); mais il est pénible que ce bon P. Hippolyte se renferme dans son silence vertueux qui l’empêche d’exposer la situation des choses. J’espère que nous y parerons, et l’intelligence que nous développe le P. V[incent] de P[aul] nous aidera à nous tirer d’une situation tendue pour quelques mois. La rentrée est superbe, plus de 50 élèves nouveaux; 67 avaient été inscrits.
Pourriez-vous, par le général Le Boeuf(2) ou autrement, faire placer comme élève de médecine un nègre très intelligent, qui a été élevé à l’Assomption, puis à Naples, pour être prêtre, qui ne se sent pas la vocation et qui ayant fait ses études voudrait être médecin? Il me semble qu’on pourrait l’employer au Sénégal, où un médecin m’a dit qu’on en avait besoin. Il sait l’arabe, le français, l’italien et le latin.
Auriez-vous à demander un bon précepteur? Je vous offrirai un jeune homme qui a été onze ans chez les Jésuites, y a professé toutes les choses et n’en sort que…(3)

