DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 30

Sa fatigue l’empêchera d’entreprendre son voyage en Orient immédiatement après Pâques. – Malgré cette fatigue, il est venu à bout de la semaine qui s’achève.

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DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 30
Orig.ms. ACR, AD 183; D’A., T.D. 23, n. 778, p. 115.

Nîmes, le 18 mars 1864.
18 mar 1864
Nîmes
Evêché|de Nîmes

Ma bien chère fille,

Que devenez-vous? J’ai un moment à moi et je veux l’employer à vous dire un petit bonjour, pas autre chose, car je suis trop fatigué pour songer à vous écrire longuement. Je sens bien que je n’aurai pas le courage d’entreprendre, de suite après Pâques, ma course en Orient. J’ai refusé quelques courses autour de Nîmes, parce que j’ai besoin du repos qui se traduit par le sommeil et le rien faire.

Je voyais arriver la semaine actuelle avec une vraie terreur. Je croyais à chaque instant être obligé de suspendre. Enfin j’en suis venu à bout(1). Dieu soit béni! Mais je vois bien que je n’ai plus les forces d’autrefois. Adieu, ma fille. Je ne vous parle que de moi. C’est peut-être de l’égoïsme. Je me figure que, quelquefois, il y a un peu d’abandon dans l’amitié au fond de cet égoïsme.

Tout vôtre en Notre-Seigneur.

1. Pendant la semaine de la Passion, ses prédications à Sainte-Perpétue étaient quotidiennes. Malgré la fatigue il a pu s’en acquitter. Mais il a dû renoncer à d’autres sermons. Le 15 mars le P. Bailly écrit au P. Pernet : « Le P. d’Alzon a fait banqueroute et je le remplace ici à la chapelle. »