DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 86

La manière dont ont été choisis les petits Maronites laissait présager ce qui arrive maintenant. – Il a plus d’espoir pour la Bulgarie. – Il a dû faire le sacrifice des fêtes de Marseille.

Bien cher Monsieur l’abbé,

Votre étonnement au sujet de nos Maronites m’étonne(1). Dès que je vis le choix sans discernement, et en dehors des conditions posées par moi, de ces petits Orientaux, je prévis ce qui arriverait. On m’envoyait, pour être prêtre, un enfant élevé dans une maison anglo-protestante. Un des principaux abbés du mont Liban, que j’avais vu à Rome, vient ici pour défendre à ses neveux de se faire prêtres. Ne nous décourageons pourtant pas, nous en aurons quelques-uns qui iront bien. Mais que l’Orient est tombé bas! L’enfant, que vous avez fait embarquer, avait 500 francs de son père pour son voyage. On me dit la famille Choukri fort riche, et pourtant elle laisse élever ses enfants à nos frais.

J’ai plus d’espoir pour la Bulgarie, quoique la démoralisation y soit plus grande. Le P. Galabert, sur les lieux, prépare les sujets, les éprouve; il va m’en envoyer et j’espère que si l’oeuvre des Ecoles d’Orient les veut, nous ferons un bien solide, quoique lent.

J’ai vivement regretté de ne pas aller à vos magnifiques fêtes de Marseille(2). Il faut savoir sacrifier les meilleures émotions au devoir. Mgr de Nîmes est revenu ravi et a augmenté mes regrets.

Adieu, bien cher Monsieur l’abbé. Croyez à ma bien vive sympathie pour toutes les belles choses qu’on fait chez vous et à mon profond dévouement.