A la plus intéressante des lettres je ne réponds que par le silence; c’est affreux, ou plutôt cela [le] serait, si je n’avais la plus légitime des excuses. Ecoutez donc, fils de mon coeur, les paroles de votre père et gravez-les dans votre mémoire:
1° Nous avons les examens des jeunes prêtres.
2° Nous avons les chaleurs.
3° Je n’ai pas le temps.
4° J’ai oublié l’heure du courrier de ce matin.
5° Je fais des voeux pour être à temps au courrier du soir.
Cela vous contente-t-il? Si vous n’êtes pas content, écoutez encore:
1° Nous tirerions le diable par la queue, si nous ne nous arrangions pas pour ne pas le tirer.
2° Le départ du P. Hippolyte pour Le Vigan, plus 4 novices, nous a désorganisés. Cela dit, excusez-moi et parlons d’autre chose.
Je ne demande pas mieux que de prendre des Pauliciens, s’il y a chance qu’on leur permette de passer au rite bulgare; autrement, ce que je veux, ce sont des Bulgares et des Grecs pour préparer une maison gréco-bulgare. Ainsi vous comprenez bien ma pensée(1). Du reste, je vais écrire au card[inal] Pitra pour avoir de Rome une réponse décisive. Les détails que vous me donnez sont des plus intéressants et je vais les envoyer à Rome. J’en conclus la nécessité d’une maison succursale de la Propagande, établie en France jusqu’à nouvel ordre.
Avez-vous été content du P. Jérôme Quid des Polonais? Tenez-moi au courant. Le délai apporté au départ de vos petits Bulgares aura un avantage, parce que nous verrons plus clairement à qui nous devrons nous adresser.
Adieu, cher ami. Mille millions de fois vôtre.

