Mon bien cher ami,
Je commence par où vous finissez, par le P. Aug[ustin]. Je vous plains de toute mon âme de vous donner une pareille croix. Si vous pensez que quelques mots de moi lui feraient du bien, engagez-le à m’écrire; je lui répondrai courrier par courrier. Seulement, cette fois, je ne réponds pas de mon exactitude. Le Dr Privat, de Lamalou, prétend que je suis très malade. On m’a envoyé à Montpellier. Barre et Combal m’ont pris dans leurs griffes médicales. J’attends une ordonnance de Combal, formulée par Barre. Que voulez-vous? Il faut bien sentir qu’on est homme. Enfin, je vous promets d’écrire à ce bon P. Aug[ustin], dès que vous le voudrez.
Nous allons avoir ici un noviciat de Fr[ères] convers pour les missions. Mais d’abord de quoi avez-vous le plus besoin? Quelle est la culture du pays? Ce que vous me dites des Bulgares est très intéressant et m’amène à quelques questions, auxquelles je vous prie de répondre d’une manière détaillée:
1° Le bulgare est-il une langue difficile?
2° Le peuple tient-il absolument à la liturgie dans sa langue?
3° Ne pourrait-on pas l’amener à la liturgie en langue grecque?
4° Quels avantages y a-t-il à tout faire pour la liturgie bulgare(1)?
5° Des éditions de la liturgie bulgare pourraient-elles avoir la chance de favoriser le retour à l’unité? Peut-être pourrait-on, si vous répondiez d’une manière satisfaisante à cette question, arriver à obtenir des fonds ad hoc. Le P. Petétot pourrait nous en procurer.
Ainsi tout ce qui précède revient à cette question: des publications religieuses dans la langue bulgare et surtout la réimpression expurgée de leur liturgie auraient-elles quelques avantages? Et quels avantages(2)?
Adieu. Je vous bénis tous les trois. Totus vobis in Ch[ris]to.

