DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 145

Quand je pense à votre soeur, il m’est impossible de n’être pas plutôt tenté de l’invoquer.

Evêché

de Nîmes

Madame,

Je viens de dire la messe pour votre soeur. J’ai voulu commencer la série des messes qu’elle lègue à l’Assomption, sauf à laisser les autres aux religieux et à acquitter à ma façon ma dette de coeur envers une amie à qui j’étais si dévoué. Toutefois, je vous l’avoue, pour ce qui me concerne, je pense entrer dans les vues de Dieu et les siennes en priant surtout pour sa tante.

J’ignorais absolument ses dispositions. C’est peut-être le seul point sur lequel elle ne m’eût pas consulté. Quand je pense à elle, il m’est impossible de n’être pas plutôt tenté de l’invoquer. Vous avez bien tort, Madame, de vous reprocher de vous enfermer dans un seul sujet. Quelle meilleure pensée que celle qui vous élève au ciel par l’affection?

Mais je vous demande la permission de m’arrêter bien vite, parce que l’on veut que j’écrive peu. Ce ne sera pourtant pas sans vous prier d’offrir l’expression de toute mon amitié à M. Valat. Veuillez aussi agréer l’hommage de mon plus respectueux dévouement.