Bien cher ami,
La supérieure g[énéra]le part à l’instant même. Tout est réglé. Au mois de mai, 4 religieuses partiront pour Andrinople, leurs noms sont donnés(1). Ainsi vous pouvez y compter. Seulement vous aviez dit qu’on fournirait une maison et une somme de 2.000 francs. J’espère que vous allez vous arranger pour que cette condition soit tenue. La supérieure, qui a des amis communs avec M. Drouyn de Lhuys, va pousser pour les demandes à faire par M. Champoiseau. Nul doute que si l’on donne q[uel]q[ue] chose, nous n’obtenions beaucoup. Quant à l’Ecole normale, elle s’appuiera sur les religieuses. Il me semble que nous avons fait un chef-d’oeuvre, en prenant dans la règle de l’Assomption tout ce qui peut être pris pour notre but, et, dans la règle de saint Vincent de Paul tout ce qui va à des filles destinées à vivre dans des villages ou à aider dans des collèges(2).
Quant au Père Augustin, il faut bien qu’il sache qu’il ne rentrera en France que pour aller chez lui. Je n’en veux dans aucune de nos maisons; qu’il ne se le dissimule pas. Il ne ferait que des cancans et des mensonges; ce serait la peste. Je vous prépare trois Frères convers: deux pour l’école, un pour la cuisine. Avec cela j’espère que vous pourrez vous tirer d’affaire. Dites au bon Frère Jacques que la supérieure générale m’a pris mon temps hier et ce matin, mais il me semble que les nouvelles que je vous donne sont assez importantes pour vous consoler de la brièveté de ma lettre.
Adieu et tout à vous. Eprouvez bien les petits Bulgares, avant de les envoyer. Mlle Combié, après avoir copié mon mémoire, l’a déchiré. Heureusement que Monseigneur de Nîmes en avait emporté une copie à Rome. Son secrétaire me le transcrira, je l’aurai alors(3).
Totus tibi.

