DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 234

Ligne de conduite à adopter avec le P. Jérôme. – Les conditions promises aux Soeurs de l’Assomption à Andrinople. – Le P. Augustin. – Bruit fait par l’encyclique. – La révolution est en marche.

Cher ami,

Vous ai-je écrit la fugue du P. Jérôme? Il a profité de ce que j’étais allé à Lavagnac, de ce que le P. V[incent] de Paul était allé prêcher au Vigan, pour décamper. Il a dit que peut-être il irait travailler avec vous. S’il venait, donnez-lui à entendre qu’avec une humeur si inconsistante et surtout après un procédé si incroyable, vous ne lui serez pas hostile, mais vous ne pourrez vous servir de lui. En effet, que voulez-vous faire avec un homme, que depuis quelques mois je comblais de preuves de confiance? Je l’avais initié à une foule de bonnes oeuvres, pour lui apprendre comment il devrait faire pendant son apostolat futur en Orient. Rien n’y a fait. Je vous dis ceci, afin que vous vous teniez sur vos gardes.

Vous m’avez écrit que l’on garantissait à Andrinople une maison aux Soeurs de l’Assomption et 500 francs par tête pour 4 religieuses(1). Veuillez ne pas l’oublier. Quant au P. Augustin, je suis désolé de voir qu’il ne veut pas s’amender. Que puis-je faire pour lui? Enfin, vous aurez sous peu deux Frères convers, dont un pour la cuisine, l’autre pour les classes; nous pourrons alors mettre le P. Augustin quelque part.

L’encyclique fait ici un bruit terrible. Les évêques commencent à protester(2). Il me semble – et c’est l’opinion de bien des gens – que la révolution a commencé à triompher le jour où l’empereur a nommé Plonplon vice-président du Conseil privé(3). Nous n’aurons bientôt plus qu’à partir pour l’Australie ou la Bulgarie(4).

Adieu et tout vôtre en N.-S.