DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 268

12 mar 1865 Nîmes MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

Je dirai pour vous les trois messes. – Mort aux choses de ce monde, résurrection aux choses éternelles. – Vous faites bien de vous réserver du temps pour prier, j’essaie aussi de le faire. – Soeur Françoise-Eugénie et Soeur M.-Gabrielle. – Pauline.

Informations générales
  • DR05_268
  • 2471
  • DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 268
  • Orig.ms. ACR, AD 1371; D'A., T.D. 23, n. 830, pp. 159-160.
Informations détaillées
  • 1 CELEBRATION DE LA MESSE PAR LE RELIGIEUX
    1 COLONIES AGRICOLES
    1 DETACHEMENT
    1 EFFORT
    1 FETE
    1 FRERES CONVERS ASSOMPTIONNISTES
    1 NOTRE-SEIGNEUR
    1 NOVICIAT DES ASSOMPTIONNISTES
    1 OBLATES
    1 ORPHELINS
    1 PAQUES
    1 PRIERE DE DEMANDE
    1 PROTESTANTISME ADVERSAIRE
    1 TRANSFIGURATION
    1 VIE SPIRITUELLE
    2 COUDERC, FELIX
    2 COURCY, MARIE-GABRIELLE DE
    2 MALBOSC, FRANCOISE-EUGENIE DE
    2 PAULINE, LAVAGNAC
    2 VAILHE, SIMEON
    3 ANNECY
    3 MIREMAN
    3 PARIS
    3 ROME
    3 SAVOIE
  • A LA MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • Nîmes, le 12 mars 1865.
  • 12 mar 1865
  • Nîmes
  • Evêché de Nîmes
La lettre

Ma chère fille,

Je dirai pour vous les trois messes, mais je change un des jours. J’en ai dit une hier, une aujourd’hui; au lieu d’après-demain ce sera, si vous voulez bien, vendredi, fête du Saint-Suaire. Il me semble qu’il sera bon de demander à Notre-Seigneur de vous envelopper de ce suaire sacré comme d’un manteau de mort aux choses de ce monde, et de résurrection aux choses éternelles, saintes, parfaites, dans l’ordre desquelles vous devez entrer. Je lui demande dans le même sens pour vous cette plénitude de transfiguration, que nous rappelle l’évangile d’hier et d’aujourd’hui(1). La transfiguration de la vie est indispensable, si nous ne voulons pas que la vie religieuse soit un mensonge.

Vous faites parfaitement de vous réserver du temps pour prier. C’est la même résolution que je prends depuis q[uel]q[ue] temps. Je n’en viens guère à bout, mais j’y parviendrai. On dit que vous allez appeler Soeur Fr[ançoise]- Eug[énie] à Paris. Vous en avez bien besoin, mais je vais probablement après Pâques à Annecy, puis à Rome(2), si j’ai un prêtre pour me remplacer ici. Croyez-vous que ce soit une bonne chose de laisser Soeur M.-Gabrielle toute seule(3)? Je n’insiste pas, mais je propose la difficulté.

Prenez Pauline pour vous, mais comme Oblate. Si vous ne savez qu’en faire, vous la mettrez plus tard à Mireman, où l’abbé Couderc vous cédera son oeuvre(4) avec joie et où elle fera un bien positif. Adieu, ma fille. J’ai peu de temps et je voudrais bien contribuer à vous dilater l’âme.

Tout vôtre en Notre-Seigneur.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum
1. C'est-à-dire du samedi de la première semaine de carême et du dimanche de la deuxième. Voir les méditations du P. d'Alzon sur cet évangile (Mt 17, 1-9) dans *Méditations sur la perfection religieuse* I, pp. 216-222.
2. En Savoie pour trouver des vocations (v. *Lettre* 2490) et à Rome pour les constitutions (v. *Lettre* 2463).
3. Sans Soeur Françoise-Eugénie.
4. Maison de retraite pour dames ayant connu l'aisance et ne pouvant plus soutenir leur rang. En 1852, le P. d'Alzon avait loué cette propriété de Mireman, "à trois quarts d'heure de Nîmes à pied, vingt minutes en voiture", pour y établir une colonie agricole s'appuyant sur un noviciat de frères convers. L'année suivante, l'oeuvre prit un caractère nouveau en accueillant des orphelins protestants. En 1856 cependant, il fallut fermer l'établissement qu'il n'était plus possible de faire vivre matériellement (VAILHE, *Vie* II, pp. 162-163).