Vous m’écrivez une bien bonne lettre, ma chère fille. Je l’ai reçue hier matin, au moment où j’étais déjà dans les wagons de Pézenas; mais nous en reparlerons. L’essentiel est que vous puissiez acquérir la possession de vous-même. C’est à quoi vous devez travailler toute cette année, et pour cela je vous pose quelques conditions:
1° Pas trop de tendresse sur vous-même;
2° Pas trop d’imagination pour centupler vos souffrances;
3° Plus de préoccupation des douleurs de N.-S. que des vôtres;
4° Le désir humble que N.-S. vous suffise, tout en vous donnant pour lui à ceux de qui vous pouvez recevoir, ou à qui vous pouvez faire du bien(1).
Demain, à 2 heures, huit postulantes recevront l’habit d’Oblates; en tout, dix-neuf dans l’habit. Priez pour que, si c’est la volonté de Dieu, je fasse une acquisition très précieuse(2). On me dérange.
Tout vôtre en N.-S.

