Ma chère fille,
Je fais prier pour vous tant que je puis, car la situation qu’on vous fait est bien pénible. Je crois qu’il faut en effet gagner du temps. Puisque vous êtes en France, repartir aurait de graves inconvénients. Traînez en longueur. Quand l’archevêque verra la possibilité d’avoir à lutter avec tant d’évêques(1), il lâchera M. V[éron], qui n’ira certainement pas plus loin que votre lettre sans prendre des ordres.
Le Pape a défendu à Mme de Faudoas de quitter Rome avant d’avoir fini ses affaires. Puisque l’on vous a conseillé le contraire, vous avez parfaitement fait de demander un délai(2). Le Pape saura votre conversation avec B[ouix] et D[u Lac](3). Je ne serais pas étonné qu’il donnât des ordres en conséquence. Quant à Soeur M.-Aug[ustine], si elle se chausse de ses sup[érieurs] eccl[ésiastiques], elle n’en sortira pas. Hélas! elle qui voulait tant revenir depuis trois mois! Si je l’avais su, je vous l’aurais bien demandée, au moins pour un temps. Mais il me semble que Soeur M.-Thérèse est bien ce qu’il faut pour la mettre à l’ordre, si elle peut y être remise.
J’entre en retraite le 1er août jusqu’au 15. Je vous promets, ma chère fille, de demander pour vous tout ce que je pourrai de meilleur, afin d’obtenir que Notre-Seigneur vous fasse tirer de cette épreuve toute la perfection, à laquelle vous devez tendre.
Adieu, ma chère fille. Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

