Je vous ai écrit ce matin, ma chère fille. J’ai vu depuis l’évêque qui arrivait d’une course, je lui ai parlé de la difficulté d’envoyer votre Mémoire à l’archev[êque](1), sans avoir l’air de faire une menace, de l’autre (difficulté) de ce qu’il vous répugnait d’envoyer le Mémoire à Rome, sans le communiquer à l’archevêque. Monseigneur pense: 1° que, puisqu’ayant demandé une audience à l’archev[êque], il ne vous l’a pas accordée; 2° puisque M. V[éron] vous défend de lui donner des explications; 3° puisque l’archevêque est censé connaître les démarches de M. Véron, il n’est nullement nécessaire de lui envoyer copie du Mémoire; mais que dans quelques jours vous pourrez lui écrire de Lyon pour lui dire : 1° que le retour à Paris vous est impossible dans la position fausse qu’on vous fait; 2° que vous le conjurez de vous donner un autre supérieur, sans quoi vous serez obligée de faire connaître à Rome la correspondance que M. V[éron] a eue avec vous. Monseigneur pense que cela suffit, et je partage entièrement son avis.
Prions beaucoup, ma chère fille, mais ne nous laissons pas abattre. Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

