Mon bien cher ami,
Je pense que vous êtes arrivé à Philippopoli et je viens vous y souhaiter la bonne venue. Je n’ai rien à vous dire, sinon que vous ferez bien de me faire copier par [le] Fr. Jacques votre rapport(1); j’en ferai mettre q[uel]q[ue] chose dans les Annales d’Orient. J’ai écrit ce matin à M. Soubiranne pour me plaindre de la translation des 4.000 francs aux Polonais, ce qui me contrarie passablement. J’en profite pour lui dire que, sans vous, Mgr R[aphaël] se débarrasserait des Polonais.
C’est aujourd’hui que les troupes françaises ont évacué Rome. Le P. Vincent de Paul, qui s’y trouve, me dit qu’on s’attendait à une journée sanglante(2). Le Pape a admirablement parlé aux officiers français, quand ils sont allés prendre congé de lui. Mgr de Mérode disait que le Pape n’était pas pour quinze jours à Rome. L’empereur est très malade d’une maladie qui le mène à l’idiotisme. Le P. Picard m’écrit qu’à Paris tout le monde croit que la révolution est dans l’air et qu’elle éclatera au premier moment.
L’ex-Père Cusse est mort, il y a deux mois et demi(3). J’avais oublié que c’était mercredi, j’ai pris la plume au dernier moment.
Mille fois vôtre en N.-S.

