DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 186

Votre rapport. – Les Polonais. – Les troupes françaises ont évacué Rome. – L’empereur est très malade. – La révolution menace. – L’ex-Père Cusse est mort. – Le P. Alexandre vous viendra à la Trinité.

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DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 186
Orig.ms. ACR, AJ 160; D’A., T.D. 32, n. 160, p. 146.

Nîmes, 12 décembre [18]66.
12 dec 1866
Nîmes

Mon bien cher ami,

Je pense que vous êtes arrivé à Philippopoli et je viens vous y souhaiter la bonne venue. Je n’ai rien à vous dire, sinon que vous ferez bien de me faire copier par [le] Fr. Jacques votre rapport(1); j’en ferai mettre q[uel]q[ue] chose dans les Annales d’Orient. J’ai écrit ce matin à M. Soubiranne pour me plaindre de la translation des 4.000 francs aux Polonais, ce qui me contrarie passablement. J’en profite pour lui dire que, sans vous, Mgr R[aphaël] se débarrasserait des Polonais.

C’est aujourd’hui que les troupes françaises ont évacué Rome. Le P. Vincent de Paul, qui s’y trouve, me dit qu’on s’attendait à une journée sanglante(2). Le Pape a admirablement parlé aux officiers français, quand ils sont allés prendre congé de lui. Mgr de Mérode disait que le Pape n’était pas pour quinze jours à Rome. L’empereur est très malade d’une maladie qui le mène à l’idiotisme. Le P. Picard m’écrit qu’à Paris tout le monde croit que la révolution est dans l’air et qu’elle éclatera au premier moment.

L’ex-Père Cusse est mort, il y a deux mois et demi(3). J’avais oublié que c’était mercredi, j’ai pris la plume au dernier moment.

Mille fois vôtre en N.-S.

Le Fr. Alexandre sera à vos ordres, je pense, pour la Trinité.
1. Dans la lettre du P. Galabert du 7 décembre, il est question de trois rapports: celui de Mgr Popov à la Propagande que copie pour lui le Fr. François de Sales; celui du P. Galabert lui-même à Mgr Brunoni, dont il lui enverra aussi une copie; et celui qu’il rédige à l’intention du P. d’Alzon afin de répondre aux diverses questions qu’il lui a posées (dans sa lettre du 1er mars: *Lettre* 2765). 2. Les lettres du P. Bailly contiennent des détails intéressants sur les derniers jours de présence des troupes françaises à Rome. 3. Le P. René Cusse était décédé à Newcastle le 6 septembre, assisté à ses derniers moments par un Père Mariste. En juin précédent, ayant appris qu’il était gravement malade, le P. Brun s’était rendu à son chevet et y était resté quatre ou cinq jours (Lettres du P. Brun du 12 juin et du 17 octobre). – Sur l’apostolat du P. Cusse à Newcastle, ses derniers jours et sa mort, voir A. TREAMER, *The Mission of the Augustinians of the Assumption in Australia 1860-1875*, pp. 88-100, Nottingham, 1988 (étude ronéotypée).