Mon cher ami,
Votre lettre me donne la fièvre. Je m’occupe des billets Sauvage, mais pas exclusivement. Je prévois d’ici à un mois que je pourrai vous donner 3.000 à 4.000 francs, mais je pensais qu’avec les rentrées du jour de l’an on aurait pu faire quelque chose pour ce brave homme. De grâce, rassurez-moi. Du reste, je renonce au voyage du Vigan, à moins que l’on n’ait pas pu arranger que je prêcherai à la cathédrale, lundi soir. Si la chose peut s’arranger, c’est-à-dire que je prêche, ma lettre devant vous arriver demain matin, soyez assez bon pour faire dire à M. Carle d’annoncer dans sa revue mes conférences à partir du lundi 14 janvier(2). Il faudrait pour cela se dépêcher un peu, car le bon à tirer de la Semaine religieuse se signe le jeudi, à midi. M. de Cabrières, à qui j’ai écrit, vous renseignera. Si à la Semaine religieuse c’est trop tard, priez M. Barnouin de le faire annoncer à la messe des hommes, après s’être entendu avec M. de Cabrières.
Voici une lettre de M. Vincent. Vous le reconnaîtrez. Je vous envoie les papiers, dont il parle, par Madame Marie-Gabrielle(3). J’ai été grippé et je n’ai pu faire, depuis jeudi soir, que deux petites promenades. Mes conférences auront pour objet le Pape.
Adieu, très cher ami. Je croyais que ce n’était pas le 9 qu’il eût fallu me dire que je devais fournir 3.000 francs le 10(4). Je tire tout ce que je puis du reste. J’ai écrit au P. Picard que si, au mois de juin, Paris ne me rembourse pas ce qu’il me doit sur Clichy, je devançais d’un an le chapitre général pour mettre en question l’existence de la maison de Paris. Ce sont des angoisses qui font périr au petit feu, et je n’y résisterai pas si cela se prolonge. Adieu, et tout à vous.

