Mon cher ami,
Si je n’ai pas voulu que le P. Em[manuel] se mêlât de l’affaire que vous lui proposez, c’est que vous ne disiez pas les noms. Dans ces cas on dit tout ou rien. Le soir même je sais tout, la nouvelle ici court sur les toits(1).
Je comptais être mercredi au Vigan, une visite d’évêque me retient jusqu’à jeudi(2). Je vous donnerai huit jours comptants, je l’espère. Je viens d’avoir une affreuse névralgie; c’est ce qui a retardé ma visite. Je ne crois pas avoir jamais souffert comme pendant ces dix jours(3).
Le P. Galabert est appelé à Andrinople par la Congrégation de la Propagande pour faire un peu l’instruction de l’évêque bulgare et pour jeter les bases du séminaire(4). C’est un avantage pour quand nous enverrons des religieuses. M. Soubiranne, qui a passé par Nîmes, m’a promis:
1° Une allocation pour Philippopoli,
2° Une autre pour le P. Galabert,
3° Une autre enfin pour les Oblates.
Dieu veuille que tout cela vienne! Je vous avoue que je plains Annat, mais qu’il ne l’a pas volé. Maintenant que fera-t-il?
Adieu. A jeudi.

