Cher ami,
J’envoie vos rapports à Paris. Si le vin tourne, que la volonté de Dieu soit faite! Quant à la graine, comme il vous plaira(2).
Mme Arnal sait fort bien que je ne l’ai pas trahie. 1° Je n’ai posé la Mère Emm[anuel] supérieure g[énéra]le que pour trancher la position vis-à-vis de l’Assomption d’Auteuil, je l’en avais très expressément prévenue. 2° Je ne croyais pas que la petite supérieure vînt si tôt; mais quand, après mon voyage du mois de mai, je vis que Mme Arnal reculait devant l’idée de s’y mettre tout à fait et que la supérieure d’alors était archiimpossible, je proposai à Mlle Correnson de venir. Elle dut faire en ce moment un effort, mais elle vint.
Elle est venue et Mme Arnal est restée. Que je crois ces deux dames très capables, c’est certain; que si Mme Arnal ne veut pas s’y mettre tout à fait, elle trouve mauvais qu’une autre soit là, franchement je le crois nécessaire. Si Mme Arnal s’y met tout à fait, elle commandera au Vigan; sinon, d’ici à q[uel]q[ue] temps, vous aurez, si vous le voulez, Mlle Coulomb. Quant aux compliments, il est sûr qu’il faut relever les gens, et je n’ai aucun scrupule d’en faire. Résumons-nous. Je suis tout heureux de laisser à Mme Arnal son action sur le Vigan, je suis très résolu à soutenir une fille de la valeur de Mlle Correnson, qui a le courage de prendre l’habit(3). Quant à vous, Monsieur le susceptible, je vous engage à avoir la haute main, à parler ferme et à faire marcher. On me parle de quatre postulantes: une, rien; une, 150 francs, plus un bien, plus tard; une, 400 francs, plus 2.000 francs, plus tard; une, 2.000 francs tout de suite. Adieu.

