Ma chère fille,
J’ai trouvé votre lettre, au retour d’une course à Brignon, où je suis allé dire une messe pour le repos de l’âme du zouave pontifical, qui nous a représentés à Mentana. Ce village, qui a eu un autre zouave blessé au même combat, méritait cet honneur. L’abbé de Cabrières y a prêché une oraison funèbre parfaite(1). Après la messe, quatre jeunes hommes du même village sont venus s’offrir pour la semaine prochaine, et Brignon ne compte que 250 catholiques.
Quant à votre affaire(2), je viens d’en parler à l’évêque. Il n’en revient pas, mais il est d’avis que pour le moment il faut traîner en douceur. Je suis de son avis. Il a été entièrement du mien, quand je lui ai dit qu’il était indispensable que vous eussiez des noviciats en province. C’est une question à préparer très sérieusement. Ce me sera un motif d’aller à Paris, si vous devez y être, à la fin de janvier ou au commencement de février.
Nous avons un temps admirable, et je crois pouvoir prendre sur moi de conduire Mère M.-Gabrielle au Vigan. Adieu, bien chère fille. Je n’ai aujourd’hui que cinq réunions à présider. Je sors de la seconde, il m’en reste trois.
Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

