DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 19

L’Oeuvre de Saint-François de Sales. – Il me faut prêcher le carême à l’Assomption. – Un passage d’une lettre du P. Vincent de Paul à mettre sous les yeux du nonce: des trahisons à Rome.

Cher ami,

J’avais une confirmation(1) et je ne sais quoi encore; bref, je n’avais pas reçu votre lettre, quand je vous ai écrit de nouveau. Restons-en aux 300 francs pour le Chambon. Merci des 1.000 francs pour nos Pères d’Alais(2). C’est parfait. Ils tirent le diable par la queue, mais ils ont un avenir merveilleux; je vous en parlerai plus tard.

Je crois que l’Assomption des filles, à Nîmes, a donné à M. Barnouin 1.100 francs, mais je ne le sais pas en ce moment d’une façon précise; de plus, les Dames de Saint-Maur et quelques collectrices, 353 [francs]; le Vigan, 200 francs; les Dames de Saint-Maur, pour 1868, 120 francs. Vous voyez que presque tout a été absorbé par l’orphelinat de M. Barnouin qui compte 52 orphelines. M. Barnouin ne m’a pas dit les sommes qu’il avait reçues, en dehors de celles que j’indique; mais enfin je tiens à constater que l’an dernier quelque chose a été fait. M. Barnouin a dû écrire pour indiquer que quelques fonds avaient été alloués par notre Comité particulier pour le mobilier d’une église en pays tout protestant. De plus, M. Barnouin avait remis à Monseigneur 200 ou 300 francs pour une église qui souffre persécution. La somme se perdit en route. Maintenant si M. Barnouin n’a pas prévenu, ce n’est pas ma faute.

Vous aurez le P. Hippolyte après Pâques, si son voyage lui est payé. Pour moi, je suis venu préparer mon carême, qu’il me faut encore prêcher à l’Assomption, en l’absence du P. V[incent] de P[aul]. Voici un extrait de lettre du P. V[incent] de P[aul]. Dulac ne pourrait-il pas la mettre sous les yeux du Nonce(3)? Les zouaves prennent des Italiens un mépris profond. M. de la Ferronnays, qui s’est arrêté à Nîmes pour recruter des soldats à la Légion romaine, a dû repartir pour Rome pour déjouer les trahisons de ce même Zappi(4). Tout le monde sait cela, excepté le gouvernement pontifical.

Adieu. Tout à vous.