Ma chère fille,
Je présume que vous devez être arrivée à Paris et je viens vous dire que j’ai été bien heureux de votre visite. Quant à notre dernière conversation, je crains que vous n’ayez pas assez saisi, dans le calme de mes paroles, ce qu’il y avait de vrai et de profond dans une disposition toute opposée à celle que vous avez paru me supposer(1). Il me semble que si vous m’entendiez parler à une ou deux personnes, – car il est inutile de faire ses confidences au genre humain – vous me connaîtriez mieux que je ne puis me traduire moi-même directement. Je serai très heureux de voir le P. Vitte(2), surtout s’il veut bien me prévenir un peu à l’avance.
Voici comment j’ai arrangé pour les Oblates les rendements de compte:
1° Exactitude aux exercices spirituels, confessions, communions, méditation, lectures, pénitences.
2° Exactitude dans les emplois.
3° Rapports avec les supérieurs, les Soeurs, les enfants, les parents, les personnes du dehors.
4° Scandales que l’on reçoit de ce qui se passe dans la maison.
5° Difficultés de la vie ordinaire.
6° Fautes extérieures.
Facultatif: progrès dans les vertus.
Voilà, ma chère fille, ce que je crois meilleur, d’après vos idées. Si vous voyez quelque chose à ajouter, vous me ferez plaisir de me le faire savoir.
Le P. Laurent ira aujourd’hui confesser vos Soeurs. L’abbé de Cab[rières] est assommé de l’évêché. Je vais chercher à lui procurer quelque chose qui lui convienne, si on ne le nomme pas vicaire général(3).
Adieu, chère fille. Mille fois à vous avec un coeur bien entièrement vôtre, et bien plus que vous ne semblez en avoir la pensée.

