Cher ami,
J’ai une triste nouvelle à vous annoncer. Le pauvre curé de Saint-Gervasy a succombé à une indisposition en apparence peu grave. Il est mort hier, à 2 heures du matin. On l’enterre aujourd’hui. Votre père est tout attristé, écrivez-lui un mot. C’était un bon prêtre, et nous n’en avons pas beaucoup comme lui(1).
L’abbé de Cabrières voudrait beaucoup que la supérieure fît une visite à M. Lagarde(2). Il faut s’entendre. Une visite de bonne disposition, oui; une visite d’excuses, évidemment non. Ce qui a fait sa force en ses persécutions, c’est qu’elle a su résister dans la bonté de son droit. Il me paraît dangereux de le sacrifier. Qu’elle soit d’autant plus coulante sur les formes qu’elle a plus raison au fond, oui; autrement, non. M. Icard(3) est furieux contre elle. On a un moyen de savoir si l’év[êque] de Poit[iers] est aussi dévoué qu’on le dit. Qu’on le prie d’apaiser M. Icard au nom de ce qu’il a fait pour Saint-Sulpice. Quant à moi, si M. Icard est furieux, c’est qu’il y a là-dessous des doctrines en jeu et que M. Icard a fort bien vu que nous ne sommes pas pour le droit coutumier.
Adieu. Tout à vous en N.-S.

