DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 108

17 jul 1868 Montauban CORRENSON_MERE Emmanuel-Marie

Je suis endormi. – Faites prier pour ma retraite.

Informations générales
  • DR07_108
  • 3347
  • DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 108
  • Orig.ms. AC O.A.; Photoc. ACR, AH 407; D'A., T.D. 29, n. 123, pp. 146-147.
Informations détaillées
  • 1 JANSENISME
    1 PREDICATION DE RETRAITES
    2 BAILLY, EMMANUEL
    2 BAILLY, VINCENT DE PAUL
    2 CORRENSON, AUGUSTINE
    2 COULOMB, LOUISE
    2 DONEY, JEAN-MARIE
    2 DONNET, FRANCOIS
    2 LEGAIN, THEODORE
    2 PICARD, FRANCOIS
    3 BORDEAUX
    3 GIRONDE, DEPARTEMENT
    3 LAVAGNAC
    3 LOT, DEPARTEMENT
    3 MONTAUBAN
    3 NIMES
    3 TARN ET GARONNE
    3 VIGAN, LE
  • A LA MERE EMMANUEL-MARIE CORRENSON
  • CORRENSON_MERE Emmanuel-Marie
  • Montauban, le 17 juillet 1868.
  • 17 jul 1868
  • Montauban
La lettre

Malgré mon immense paresse, je ne veux pas quitter Montauban(1), ma chère fille, sans vous apprendre que je ne suis pas mort. Je ne suis pas précisément vivant, je suis endormi. C’est très mal, c’est affreux, c’est ainsi. L’évêque est avec un seul grand-vicaire, ce qui fait que nous sommes trois. Nous causons, nous ne disons rien, nous restons chez nous, nous nous promenons peu, très peu, et je ne demande pas mieux. J’ai dit la messe pour Augustine hier comme je le lui avais promis, mais M. Legain(2) étant absent, je ne suis pas allé aux Carmélites.

Vous ferez prier nos filles pour ma retraite. De demain en huit, je serai de retour, et ce n’est pas ce qui me déplaît le plus dans cette expédition. Que suis-je allé faire dans cette galère? Heureusement que j’en sortirai avec la grâce de Dieu. Encore, si je pouvais y faire un peu de bien!

Vraiment, Dieu est bien bon. Quand je commence à ne plus être propre à rien, il m’envoie des filles qui se contentent de moi. A propos, l’évêque de Montauban qui connaît les usages de jadis, comme s’il les avait faits, m’assure qu’en ce temps-là, on ne se disait pas de choses aimables. Il est vrai qu’il attribue un peu cette sécheresse du coeur au jansénisme. Quand je prétends qu’on ne se disait pas de choses aimables, je me trompe, c’est tendres que j’aurais dû dire.

Adieu, chère enfant. Je n’ai absolument aucune nouvelle à vous donner, sinon que je suis dans le Tarn-et-Garonne, que vers deux heures je traverserai le Lot pour aller coucher dans la Gironde. Donnez-moi de vos nouvelles à vous, qui me seront bien plus intéressantes. Mes bénédictions à nos filles, et à vous, mon enfant, l’expression de tout ce que j’ai de meilleur dans le fond de l’âme.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum
Mes souvenirs à la Mère de Saint-Jean.1. En route pour Bordeaux où, du 20 au 25 juillet, il doit prêcher la retraite ecclésiastique, le P. d'Alzon s'est arrêté chez son ami Mgr Doney. Il a quitté Nîmes depuis le ll juillet déjà pour Lavagnac ou Le Vigan (E. Bailly à son frère, 10 juillet). A Bordeaux il doit retrouver le P. Picard que le card. Donnet a nommé confesseur extraordinaire de son clergé (Picard à Bailly, 24 juin).
2. Vicaire général de Montauban. Il succèdera à Mgr Doney sur ce siège en 1871.