DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 168

Soeur Félicité. – Anniversaire de la mort de sa mère.

DR07_168
3408
DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 168
Orig.ms. AC O.A.; Photoc. ACR, AH 407; D’A., T.D. 29, n. 140, p. 170; QUENARD, p. 105.

Lavagnac, le 12 octobre 1868.
12 oct 1868
Lavagnac

Ma chère enfant,

J’ai trouvé hier votre lettre, au retour d’une petite absence; c’est pour cela que je n’y ai pas répondu sur-le-champ. Je pense que si Soeur Félicité nous quitte pour aller consulter, elle ne doit plus rentrer. Ce serait par trop ridicule. Ou elle a confiance, ou elle ne l’a pas. Si elle a confiance, qu’elle reste; si elle ne l’a pas, qu’elle s’en aille. Je n’ai aucune intention de la renvoyer, mais je ne veux la garder qu’à la condition qu’elle sera une vraie religieuse, c’est-à-dire obéissante. Je lui passerai certaines misères, à cause de sa santé qui trouble quelquefois sa raison, mais je ne permettrai pas qu’elle dise: « Je ne veux pas m’entendre avec telle ou telle personne ». Dans les administrations civiles, les fonctionnaires ou employés qui parlent ainsi sont censés offrir leur démission.

Je vous écris de très bonne heure, parce que si quelqu’un va au courrier (nous sommes à une heure du bureau) on pourra porter ma lettre. Il y aura ce soir 9 ans que ma mère est morte et après-demain 9 ans qu’on l’a enterrée(1). Priez pour elle.

Adieu, ma fille. Mille fois vôtre.

Je n’ai pu faire partir ma lettre ce matin. Dans quarante-huit heures je vous verrai. Adieu, encore une fois.
1. C’est le *huitième* anniversaire de la mort de la vicomtesse d’Alzon, survenue en 1860.