Mon cher ami,
Ne vous tracassez pas, prenez votre temps. Pourvu que vous soyez ici pour la première messe du Fr. Alexis, ce sera bien; on est convaincu que vous ne revenez que pour Noël. Ce qui ne veut pas dire que nous voulions vous tenir en exil, mais nous souhaitons que votre voyage soit fait dans toutes les conditions utiles.
Je crois que pour M. de C[abrières], si on pense n’avoir aucune difficulté avec le gouvernement, il irait se faire donner le Saint-Esprit, mais il faudrait qu’on me chargeât de lui dire d’y aller, et je préviendrais l’év[êque] (2). La maison va bien, malgré les rages de votre frère et les fureurs du Fr. Alexis. Ils sont amusants dans leur étonnement de voir que tout ne va pas comme ils l’entendent.
Je n’ai point l’autorisation de recevoir de la corrigia (3), obtenez-la moi. Si les Aug[ustins] font les difficiles, nous les laisserons et resterons comme nous sommes. S’ils veulent une union plus grande, nous verrons (4).
MM. de la Valette et Rouher auraient exigé que l’impératrice passât par Florence (5), et alors elle a refusé. Jules Favre, qui était ici il y a deux jours, disait à Demians que l’empereur se crétinisait et qu’il allait finir en Nabuchodonosor. Je vous dis cela comme histoire de Jules Favre (6). Il ne mourra pas, mais la France sera régie par un idiot. Un peuple a toujours le gouvernement qu’il mérite, dit M. de Maistre.
Priez bien pour moi et croyez-moi bien vôtre.

