Savez-vous, ma fille, que votre silence me fait faire toutes sortes de suppositions. Au moins ce n’est pas vous qu’on a enterrée sous le nom de Soeur Marie-Laurence(1). Etes-vous souffrante? Avez-vous mal au pouce? Avez-vous oublié d’acheter de l’encre? Madame votre mère est-elle souffrante? Allez, vous êtes une méchante fille de me mettre ainsi martel en tête. Comme si, du moins, Soeur Jacqueline ne pourrait pas m’écrire un mot? Voyez-vous, j’aurais un peu envie de la battre cette Soeur Jacqueline de me laisser si longtemps dans l’inquiétude. Aussi c’est fini, je ne m’attacherai jamais plus à personne. Ce n’est pas si agréable de se torturer à propos d’une fille, qui ne comprend pas combien elle est nécessaire à son père. Vous ne savez donc pas ce que Dieu veut que vous me soyez!
Voilà quatre heures; dans un moment je vais prêcher. A samedi.

