DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 400

29 aug 1869 Le Vigan MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

Echange de lettres avec le P. Loyson – Virginie perd de sa puissance en haut lieu – Mauvaise foi des catholiques libéraux – L’adoration du Saint-Sacrement – L’Espérou.

Informations générales
  • DR07_400
  • 3683
  • DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 400
  • Orig.ms. ACR, AD 1520; D'A., T.D. 24, n. 1024, pp. 62-63.
Informations détaillées
  • 1 ADORATION DU SAINT-SACREMENT
    1 ENERGIE
    1 ENNEMIS DE L'EGLISE
    1 FRANCHISE
    1 LIBERALISME CATHOLIQUE
    1 PELERINAGES
    1 PREDICATION
    2 BARNOUIN, HENRI
    2 DARBOY, GEORGES
    2 LOYSON, HYACINTHE
    2 LOYSON, MARIE-COLOMBE
    2 UBRYK, BARBE
    3 ESPEROU, L'
  • A LA MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • Le Vigan, 29 août [18]69.
  • 29 aug 1869
  • Le Vigan
La lettre

Ma chère fille,

Bien que cette lettre ne parte que demain, je veux vous dire ce soir que vous ne serez compromise en rien par ma réponse au frère de Colombe. Vous avez sous ce pli et la copie de sa lettre et la copie de la mienne(1). Il faut s’attendre à tout, et croyez que ce qui rend furieux certaines gens, c’est de voir que certains projets contre Rome échouent. Je tiens qu’aujourd’hui la recrudescence de haine veut une recrudescence de franchise et d’énergie, sans quoi [nous périrons] par la modération douceâtre de certaines gens.

Virginie, à ce que l’on m’écrit, perd beaucoup de sa puissance en haut lieu. Je n’en suis pas surpris. Dans tous les cas cela ne peut pas durer longtemps. Nous touchons à quelque chose. Je suis désolé de pouvoir contribuer à vous augmenter vos ennuis. Que voulez-vous? Je puis me tromper, mais j’ai la conviction profonde que si nous ne crions pas au voleur, nous pourrons jouir un moment d’un calme relatif, mais qu’on nous bâillonnera par surprise. Triste situation que nous éviterons, si nous savons démasquer à temps l’ennemi, fût-il couvert de la peau de brebis. Ce qu’il y a de mauvaise foi chez les catholiques libéraux dépasse tout ce que j’eusse pu me figurer. L’observation n’est pas seulement de moi, elle est aussi de l’abbé Barnouin, qui est ici et avec qui j’ai montré à plusieurs personnes de Nîmes le théâtre de la chute de notre pauvre folle.

Bonne nuit, ma chère fille. J’ai prêché aujourd’hui à une belle réunion d’hommes pour l’adoration du Saint-Sacrement. Nous en avons enrôlé près de 200, nous irons jusqu’à 400; cela prend dans les villages voisins. L’oeuvre de l’Espérou(2) grandit aussi. J’espère que nous y aurons bientôt des miracles. Il me semble que la Sainte Vierge devrait prendre plaisir à en faire, à une pareille hauteur.

Adieu, ma chère fille. Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum
1. Sr M.-Colombe était la soeur du P. Hyacinthe Loyson. La lettre de ce dernier au P. d'Alzon est datée du 26 août. Il s'y dit profondément indigné de la lettre adressée par le P. d'Alzon à *l'Univers* au sujet de Barbara Ubryk (*Lettre* 3663). On y lit aussi : "...si j'étais assuré que l'enseignement et l'esprit que révèle votre lettre fussent destinés à prévaloir dans la communauté qu'elle habite, je croirais de mon devoir le plus impérieux de recourir à l'autorité ecclésiastique pour la rendre à l'Evangile, à la charité, à la liberté.". Réponse du P. d'Alzon : *Lettre* 3684.
2. Pèlerinages à N.-D. de Bonheur (v. *Lettre* 2520).