Merci de vos voeux, ma bien chère fille. Je reporte les miens sur vous, sur Amélie, sur mon cher Emile. Que Dieu vous donne là deux saints; qu’il vous sanctifie aussi, mon enfant! Ce matin, un religieux Trinitaire m’a remis une gravure d’Anna-Maria Taïgi; elle a vécu dans le monde, au milieu d’un travail obstiné. Prenez-la pour votre modèle pendant cette année, et, comme elle, possédez votre âme dans votre patience.
Vous ferez très bien d’attendre au mois d’avril. Figurez-vous qu’il est midi et que j’y vois à peine pour vous écrire, tant le temps est affreux. Pourtant, que de choses à faire! Je sors de chez un évêque grec, oncle du Frère Pierre(1); ce qu’il me dit pour son pays est prodigieux, soit du côté des obstacles, soit du côté de la moisson à cueillir. Priez bien pour l’Orient. Impossible d’y voir. Je vous écris à tâtons, au milieu du bruit des cloches qui annoncent la fête de demain, mais je renonce à me relire.
Adieu, ma chère fille. Mille fois tout vôtre en Notre-Seigneur.

