Eh! bien, mon enfant, vous avez un rhumatisme à la main. Je vois qu’il nous faudra aller ensemble à Lamalou. J’en ai un à l’épaule, mais moi à gauche, ce qui ne m’empêche pas d’écrire, vous à droite, ce qui paralyse vos doigts. Je vois bien que vous n’avez rien à dire, mais patience, je vous le rendrai quand je retournerai en France. Priez bien pour une demoiselle de vingt-neuf ans(1), qui est, je le suppose, assez disposée à venir aux Oblates. Le bon Dieu semble me l’avoir envoyée tout exprès. Je l’ai déjà vue assez longuement. Elle est libre: pas de parents, un frère, religieux Oblat de Marie. Elle vient de vendre une propriété que lui avait laissée son père et l’attrait de toute sa jeunesse a été pour les missions étrangères.
Le concile va mieux que je n’osais l’espérer. Monseigneur semble se remonter. Le temps se gâte; hier, il a plu. Je comptais sortir, j’ai peur d’avoir de la pluie. Vous verrez que je sais parler de la pluie et du beau temps. Ah! Marie, pourquoi êtes-vous muette? Et Louise, que devient-elle?
On me dérange. Adieu.

