Mon cher ami,
On estime ici qu’il faut, avant de parler sur le P. Gratry, prendre sur son compte les renseignements les plus positifs et les plus irréfutables, puis parler sans crainte, s’il y a lieu. Quant à user de ménagements, le temps en est complètement passé. Du reste, ici, tout le monde est exaspéré, et hier Capalti disait à quelqu’un qu’il aimait mieux entendre les impies que de pareils hypocrites.
Je vous remercie de ce que vous avez fait pour le diocèse de Nîmes, à Saint-François de Sales. Ci-joint une note que le P. V[incent] de P[aul] voudra bien transcrire au plus tôt et envoyer à Keller.
Voudriez-vous dire à M. de Beaucourt qu’ayant donné l’an dernier 100 francs pour son oeuvre, je suis surpris de ne pas voir mon nom parmi les souscripteurs; que je continue à être dévoué à l’oeuvre, mais que Mgr Mermillod, à qui j’en ai parlé plusieurs fois, me paraît y attacher une médiocre importance(1). Quant à M. de Richecourt, personne ne peut me dire ce qu’il est devenu. Je suis étonné encore de ce qu’au cabinet, 77, rue du Bac(2), sauf l’Union, on ne reçoive que des journaux inopportunistes. Au point où en sont les choses, il faut choisir, et ce sera sous très peu le moment de dire: Qui n’est pas avec moi est contre moi. Ceux qui n’en pourront prendre leur parti resteront entre deux selles, le… par terre.
Inutile de lire tout ceci à M. de Beaucourt, mais je distribuerais bien inutilement son bulletin aujourd’hui. Traiter les Romains et les gallicans ex aequo est impossible. Nous sommes la vérité, eux sont l’erreur et bientôt l’hérésie(3).

