Ma chère fille,
Le courrier arrive enfin, après trois jours de retard. Merci de tout ce que vous me dites de vous. Mais savez-vous la conclusion que je tire? C’est que vous êtes une charmante petite fichue égoïste. Pensez un peu moins à vous, pensez un peu plus à Notre-Seigneur, aux grands intérêts de l’Eglise, à prier et à faire prier pour le concile; parlez-en à vos enfants, et que l’amour des grandes causes embrase décidément votre coeur. Voilà ce que je voudrais. Mais l’Assomption, à mon grand désespoir, tournera en bourrique, si nous n’avons que des religieuses préoccupées de leurs personnes. Pourquoi aimez-vous tant votre Mère? C’est qu’elle est l’opposé de tout cela. Si vous la trouvez si aimable, proposez-vous donc de l’imiter un peu.
Adieu, ma chère enfant. Voilà la pratique que je vous donne pour le carême. Vous vous oublierez; c’est dur, mais très pratique. Je vous bénis du fond du coeur.

