Mon bien cher ami,
Je reçois votre lettre du 27 février, j’ai reçu vos 1.000 francs. Dites-moi donc ce que dit l’Union nationale. Vous ne m’avez pas répondu(1). Est-il vrai que les élèves affluent? Quel en est le chiffre? Vous avez toutes les permissions pour le carême. Je partage votre manière de voir sur le livre de Le Play. Je crains qu’Allemand ne donne de la moutarde après dîner. L’essentiel, c’est de donner quelque chose sur les doctrines libérales. L’abbé de Cabrières a tort de ne pas publier son Bref(2).
Que vous dire des nouvelles? La débâcle se prononce de plus en plus chez les pharmaciens. Bougaud, le grand-vicaire d’Orléans, dit toujours que son maître est capable de tout. Je le dirai bien, mais après avoir donné ma démission. Toutefois on s’attend unanimement à une reculade orléanaise. C’est dans l’air.
Vous avez très bien conseillé à Mlle Combié(3). Il est possible que nous soyons ici pour la Saint-Pierre. Il est possible que nous soyons partis à Pâques. L’article du Moniteur qui réfute Veuillot est écrit, dit-on, par Fabre, secrétaire de Maret; les inspirateurs sont tous les évêques opposants, sauf les mécontents d’Orléans qui disent pis que pendre de leur ancien chef.
Adieu. Je n’ai pas autre chose pour aujourd’hui.

