DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 499

Trois de nos religieux sont rentrés – Plus de nouvelles de Metz – Des prières et des fusils.

Madame,

Merci des détails que vous me donnez sur votre pèlerinage. Trois de nos religieux, faits prisonniers(1), sont rentrés(2), mais les deux qui sont à Metz ne donnent plus de leurs nouvelles. Dieu nous châtie. Mais que de saints peuvent surgir de cette immense humiliation!

Je fais en ce moment une neuvaine sur la Compassion de la Sainte Vierge, dont la fête est dans huit jours(3). Notre chapelle se comble de gens qui viennent prier. Il est vrai que j’ai exposé le Saint-Sacrement. Il paraît qu’il y a un assez heureux mouvement, mais il faut surtout des saints qui se donnent, s’immolent.

Nos jeunes gens, ici, veulent des fusils. J’écris pour leur en faire avoir. Je serais bien heureux de voir Amédée. Mon neveu est dans la mobile depuis longtemps.

Veuillez croire, Madame, à tout mon plus respectueux dévouement.