Cher ami,
J’attends votre lettre avec impatience. Permettez-moi d’arriver au fond de cette lettre. On veut que j’accepte au Vigan un sous-préfet protestant, cela ne sera jamais. Si Larcy veut placer son ami D., qu’il le mette à Alais. Quant à moi, si on me l’impose, prévoyez le parti que j’en tirerai et soyez sûr que je le tirerai, et vive M. Chabaud-Latour, et vive M. de Tarteron(1) qui nous auront valu ce choix! Si j’en profite, tant pis pour la députation! Au fond, cher ami, je commence à être las des expédients Thiers. Contre la révolution victorieuse, il n’y a que la société chrétienne. Il faut revenir aux principes, et je me désintéresse tous les jours un peu plus de ces jeux de cartes bizotées, où chacun cherche à être le plus fin. Cela doit finir par une attrape générale et j’aime mieux me tenir en dehors.
Le portier de l’évêché de Versailles doit avoir une lettre de Cazalès(2) pour vous. Je lui avais écrit cinq ou six jours avant votre départ. Voici une lettre pour l’évêque de Vers[ailles](3).
Adieu, très cher. Mille fois vôtre.

