DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 110

Fatigue et repos.

DR09_110
4339
DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 110
Cop.ms. de la destinataire ACR, AO 15; D’A., T.D.39, n.48, p.226. Les points de suspension sont dans la copie.

Le Vigan, 12 juillet 1871.
12 jul 1871
Le Vigan

Enfin, voilà mon discours fini et je puis m’occuper de vous, ma chère enfant. J’avais été empêché pendant quarante-huit heures de m’occuper de ce fameux discours, parce que je suis monté à l’Espérou. Il faut ajouter que lundi(1) j’étais un peu éreinté d’être descendu à pied; ce qui, je crois, ne m’arrivera pas de longtemps, quoique le P. Hippolyte prétende que cela me fortifie considérablement, ce dont je doute. Mais enfin, peu importe. Il paraît que Le Vigan est un pays privilégié: A Montmau, l’on grille; ici, l’on gèle presque…

Le P. Hippolyte est parti pour Paris. Il m’a laissé de la besogne que je ne veux pas faire, je préfère ne rien faire du tout. Ah! je ne me reconnais plus. Evidemment, je suis très vieux. Cela me surprend et puis cela me fait penser au cimetière, au jugement, à l’enfer. Ma fille, arrangeons-nous pour ne pas y aller.

Je vois peu les Oblates, je reçois le moins de visites possible, je me repose à ma façon.

Adieu, bien chère fille. A revoir, quand le bon Dieu voudra. Je vous suis bien tendrement attaché.

1. Soit le 10 juillet. Les 48 heures à l’Espérou se situent les 8 et 9 juillet.