Cher ami,
J’ai écrit à M. de Larcy. Le P. Desaire a télégraphié au procureur de la République, d’Albertville, et, il est parti ce matin pour Grenoble. Mais permettez-moi de vous dire que vous auriez pu éviter cet ennui, en vous occupant plus activement des pièces(1). Si le P. Desaire dit: « Si je ne me mêle pas des choses, elles ne se font pas », il n’aura pas tort.
François Durand vient de me parler du Comité d’action. Je ne tiens pas à ce qu’il soit nombreux, je tiens à ce qu’il soit catholique, mais au sens où nous le sommes au Vigan en portant M. Chabaud-Latour(2). Nous ne sommes pas exclusifs dans le combat, mais nous sommes intraitables sur les principes. Quoiqu’il en soit, avec notre système nous triomphons dans l’ensemble de l’arrondissement du Vigan, nous pouvons lutter dans celui d’Uzès; sans quoi, nous serons encore battus. Maintenant, que les Nîmois soient ce que les ont faits quelques-uns, c’est bien possible. Quoiqu’il en soit, laissez circuler que je ne tiens pas à ce que l’on soit nombreux, mais que l’on soit uni.
Adieu, cher ami. Je fais ce que je puis pour arriver le plus tôt possible. Le départ du P. Desaire et aussi l’expropriation de notre terrain pourront me contrarier.
Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

