Ma chère fille,
J’arrive d’Alais, un peu fatigué. Les quatre novices dont parle le P. Hippolyte, sont des séminaristes de Montpellier qui s’y mettent assez et dont le P. Hippolyte me fait de bons rapports(1).
J’espère vous compter 10.000 francs, vers le 15 mars, mais vous savez que le chemin de fer a toujours des moyens de prolonger les retards. Légalement, c’est le 16 mars que je devrais être remboursé. Je ne puis vous en dire plus. Si vous avez quelque aboutissant au chemin de fer, voyez si vous pouvez faire agir.
Ce que vous dites des craintes des hommes politiques me semble très fondé. Nous irons difficilement longtemps avec le régime actuel, et, quant à la lassitude des ouvriers, je dis qu’on réveille bien vite la rage du loup en lui montrant du sang. Il faut beaucoup prier. Nous n’avons rien de mieux à faire(2).
Adieu, ma fille. Je suis un peu fatigué de ma retraite. Prions les uns pour les autres. Tout vôtre en Notre-Seigneur.

