DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 298

Soignez le P. Picard – Pétitions – *La Gazette de Nîmes*

Bien cher ami,

Vous êtes sevré dites-vous. Je croyais que le fait remontait a quarante ans. Mais c’est de mes lettres, avez-vous le soin d’ajouter. Ceci me touche, je vous écris.

1° La gorge du P. Picard a donc besoin de soins. De grâce, ne les épargnez pas.

2° Le Vigan (arrondissement) a donné plus de 4.800 signatures à la pétition pour la liberté d’enseignement. Si le Comité(1) nous envoyait au plus tôt des modèles, nous en ferions signer partout.

3° Je vous félicite de ce que vous avez obtenu pour le repos du dimanche. Faites préparer une pétition, elle sera signée en masse(2).

4° Qu’est devenu Mgr Quinn? Je n’en entends plus parler(3).

5° Vous ne sauriez croire la fureur que j’excite dans le camp de la Gazette de Nîmes. Madame de Croy soupire, son Maurice marche un peu plus de travers. Louis d’Alauzier renvoie son abonnement de la Revue. Le rédacteur en chef déclare que je leur escamote le comte de Chambord, qu’il est leur propriété, leur privilège, leur concession personnelle, que nul n’a le droit de mettre la main sur lui qu’eux seuls, enfin mille choses de cette force. Il faut dire qu’après une impertinence grossière, je leur avais renvoyé leur journal, et les curés de Nîmes avaient écrit une lettre collective menaçant de se désabonner. Monseigneur leur a lavé la tête (aux Gazetiers). Ces pauvres gens ne savent plus de quel côté se retourner. C’est le fou sous la douche en arrosoir.

Que vous dire de plus! Que je suis très fatigué, mais que je vous aime très tendrement.