Cher ami,
Je vous ai envoyé ma lettre à M. de Germiny, je ne vous ai pas envoyé la sienne. La voici. Il importe de la montrer à quelques-uns de nos amis. Est-il vrai que Veuillot part pour Rome ? Veuillez dire à du Lac qu’à mes yeux ce serait une immense maladresse. Qu’il soit plus charitable, tant qu’il voudra, mais sa position est bonne, très bonne; qu’il la garde ! Ce qu’il doit désirer, c’est qu’on reconnaisse qu’il s’est soumis le premier(1).
L’évêque d’Orléans est à Perpignan depuis fort longtemps. Comment va le P. Picard ? Donnez-nous des nouvelles. Le P. Emmanuel est aux Châteaux. On l’attend à Montpellier(2). Une soeur de Mérode, religieuse du Sacré-Coeur, se meurt de la poitrine. Mgr de Mérode y est aussi attendu(3). Il y aura là un conciliabule. Je crois que je serai tenu au courant de tout, si je le veux, mais ces tripotages me sont odieux. La simplicité est bien préférable.
L’Univers a attaqué Thiers. Je crois qu’il fait bien, et si Antonelli le défend, il faut se rappeler qu’il défendait, lui aussi, dans le temps Napoléon III.
Adieu. Totus tibi.

