Que devenez-vous, ma bien chère Enfant? Savez-vous que votre silence me rend inquiet? N’avez-vous pas reçu ma dernière lettre? En ce moment, je prêche une retraite et je ne puis guère bouger, sauf pour aller à Auteuil et en revenir(1). Le matin, c’est un peu fatigant et mes entrailles s’en ressentent; ce n’est pas agréable d’avoir la colique dans un couvent de femmes.
Le calme se fait, dit-on, pour le moment à Paris. Peut-être, à cause de cela même, le danger éclatera-t-il quand on s’y attendra le moins, mais pas encore.
Dites à vos filles que je prie bien pour elles, je voudrais tant les rendre parfaites! Avez-vous envoyé les Soeurs couturières au Vigan?
Que vous dirai-je de plus? J’ai en ce moment le P. Picard, le P. Desaire, le P. Vincent hors de la maison; ils sont à la Salette avec un millier de pèlerins(2).
Je me suis levé un peu plus tôt pour vous écrire, mais il faut vous laisser pour être prêt à arriver à Auteuil pour 6 heures et demie, si je le puis. Adieu, bien chère enfant. Bien tendrement vôtre.

