Ma bien chère fille,
Il y a un siècle que je ne vous ai écrit, mais je travaille un peu mon fameux cours de théologie mystique(1). Je veux commencer par une bonne … nouvelle.
Interrompu par le P. Ramière, je reprends ce soir ma lettre commencée ce matin. Je voulais vous dire que René(2) a pris rendez-vous avec moi pour se confesser avant son départ. Malheureusement je ne sais si je serai à Nîmes. J’ai une course à faire à Lavagnac et au Vigan. Ce n’était pas prévu, quand je lui ai donné rendez-vous.
Lundi 14.
Voilà deux jours que je n’ai pas une minute à moi. Je reçois votre petit mot dans la lettre de Soeur M.-Antoinette(3). Je pars dans deux heures pour Lavagnac; je serai, pour quatre ou cinq jours, jeudi au Vigan.
Nous avons fait à Rochefort un pèlerinage qui aurait eu le meilleur effet, si M. Ferdinand Boyer(4) n’avait prononcé un discours absurde sur l’union d’Henri V et du Pape. Les radicaux s’en sont emparés. Heureusement que j’avais protesté, en me retirant du lieu où ces paroles malencontreuses avaient été prononcées, et leurs journaux me rendent justice.
Je suis, à mon tour, désolé de ce qui se passe pour ce que je vous dois, dans la répartition de l’argent reçu du chemin de fer. J’avais stipulé 10.000 francs à vous rendre, mais le P. Hippolyte a jugé à propos de faire autrement. Je n’ai qu’une minute, je vous écrirai de Lavagnac.
Tout à vous.

