Mon cher ami,
Et vous croyez que je ne m’étais pas aperçu de votre silence? Ah! je vous avoue que j’en étais écrasé. Mais ce n’est pas étonnant. Des montagnes étaient entre nous, comme vous le dites, et elles me retombaient sur le dos(1). Enfin vous avez fait du bien, il faut continuer, et, pour vous en faciliter les moyens, le P. Germer vous arrivera les premiers jours de janvier.
Le P. François, s’il a perdu un peu le sentiment de son mérite, pourra aller à Arras, et surtout s’il devient franc. Figurez-vous que l’ex-Père Augustin a écrit à Rome pour demander l’exemption de ses voeux, mais la supplique est faite en mon nom. On a écrit ici pour savoir si c’était vrai. L’évêque m’a interrogé et j’ai répondu que c’était complètement faux, que je n’avais rien demandé, mais que j’étais ravi qu’il eût décampé, et j’ai donné les motifs. Je tiens à ce que vous et le P. Picard sachiez cela, pour répondre au besoin.
Je suis bien sûr que si le P. Picard venait passer trois mois aux Moulins-à-vent, il serait guéri, mais très promptement, tant l’air y est bon, chaud et paisible à l’exposition du Midi. Quant à la Société de Saint Bertin(2), continuez les meilleures relations. Qui sait? Hélas! oui, il faut des hommes distingués; trouvez-m’en donc. Nous en avons quelques-uns, mais combien? Enfin Dieu les enverra peut-être. En attendant, quand vous serez déchargé du poids de la Revue, occupez-vous un peu de cette oeuvre.
Le P. Blanc réussit à merveille à l’oeuvre de la jeunesse et me trouvera là des vocations. Deux questions. Que fait le Bureau permanent(3)? Où en êtes-vous avec l’archevêché(4)? Quant à Arras, je m’oppose à ce que l’on change rien jusqu’à la loi sur les associations.
La maison ici va très bien, et le public nous est aussi favorable qu’il nous l’était peu, il y a peu. Mlle Fabre qui est là, vous fait ses compliments.
Adieu, cher ami. Tout vôtre en N.-S.

