DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 465

Je laisse la place au P. Félix – Le P. Picard – Au prieuré – Mgr Mermillod – Un service qui semble impossible.

Ma chère fille,

On a déjà prévenu M. Bouchet, mais à son retour de Montpellier, je lui parlerai plus clairement encore(1). Je laisse la place sans aucune difficulté au P. Félix. Mme Doumet en sera un peu ennuyée, mais nous la consolerons(2). Je suis bien aise de ce que vous me dites du P. Picard. Pourvu que son état soit stationnaire jusqu’à la belle saison, le reste viendra, il faut l’espérer(3). Seulement, il fait assez de bien autrement, pour qu’il s’impose l’obligation de ne pas prêcher.

J’ai vu Soeur M[arie] de la Nativité. J’espère que nous ferons bon ménage; au moins elle y semble disposée. Je voudrais vous donner quelques vocations, mais je ne sais comment m’y prendre. Il est convenu avec la Mère Marie-Gabrielle que j’irai dire la messe, une fois par semaine, au prieuré, afin de voir quelques enfants dont la vocation pourrait être décidée. Je prêcherai une retraite aux Enfants de Marie, la première semaine de carême. Je vous arriverai, la seconde.

Que devient l’abbé Mermillod? Au milieu de ses ennuis, a-t-on eu(4) le tact de le laisser un peu tranquille?

Connaissez-vous un moyen de faire placer quelque part un individu de 73 ans, qui sort d’une maison centrale et qui, pendant toute sa vie, a été le fléau de sa famille? On me demande ce service, qui me semble une impossibilité.

Adieu, ma chère fille. Bien à vous, en Notre-Seigneur.