DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 9

10 jan 1873 Nîmes PICARD François aa

Départs possibles – Le déficit du collège se comble – Rapports difficiles avec l’économe général – Mort de l’empereur.

Informations générales
  • DR10_009
  • 4745
  • DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 9
  • Orig.ms. ACR, AF 31; D'A., T.D.26, n.421, p.24.
Informations détaillées
  • 1 COLLEGE DE NIMES
    1 CREANCES A PAYER
    1 DEPARTS DE RELIGIEUX
    1 OEUVRES DE JEUNES
    1 SEVERITE
    1 SOUCIS D'ARGENT
    2 BAILLY, EMMANUEL
    2 BLANC, JOSEPH-MARIE
    2 DEGUY, GEORGES
    2 DESAIRE, CHARLES
    2 FERRET, JULES
    2 GERMER-DURAND, JOSEPH
    2 GORSSE, DE
    2 GUIBERT, JOSEPH-HIPPOLYTE
    2 MARTIN, ETIENNE
    2 MILLERET, MARIE-EUGENIE
    2 NAPOLEON III
    2 PLANTIER, CLAUDE-HENRI
    2 SAUGRAIN, HIPPOLYTE
    3 MONTMAU
    3 VIGAN, LE
  • AU PERE FRANCOIS PICARD
  • PICARD François aa
  • Nîmes, le 10 janvier 1873.
  • 10 jan 1873
  • Nîmes
  • Evêché de Nîmes
La lettre

Cher ami,

Le Fr. Etienne veut s’en aller(1). Hélas! bon voyage. Le P. Desaire me semble vouloir réfléchir, tout en disant qu’il s’en va. Ne le retenez pas trop. Il faut, s’il reste, qu’il veuille rester. Il se doute peu de ses futurs ennuis. Si vous n’êtes pas malade, vous avez eu tort de ne pas m’écrire ou de ne pas me faire écrire. Remarquez que j’approuve votre fermeté, elle fera du bien. Je ne sais, mais le Frère Georges (à un autre point de vue, il est vrai), remplacera avantageusement le P. Desaire.

Le P. Hippolyte boude. Il se dit malade. C’est possible, mais surtout il est mécontent(2).

Le P. Emmanuel jubile. On a payé depuis le 1er octobre 36.000 [francs] d’arriéré. On paye les fournisseurs et les professeurs tous les mois, le boulanger et le boucher toutes les quarante-huit heures. Si la rentrée de mars se fait comme celle du 1er oct[obre] (je parle de la rentrée des fonds), il ne restera presque plus de déficit, sauf les dettes normales(3). Montmau a fourni 10.000 francs, pour rembourser le billet que la supérieure générale avait eu la bonté de faire à M. de Gorsse. Montmau aura fourni au moins pour 5.000 francs de vin au collège ou au Vigan. J’ai dû exiger un petit tonneau de vin blanc; pas un litre de vin rouge pour ma provision ne m’a été envoyé. J’ai dû demander trois fois un peu d’avoine. Montmau aura rapporté plus de 25.000 francs net. Avec cela, on veut bien me laisser mon traitement pour faire vivre 5 personnes; sur quoi il me faut donner 1.000 francs à Monseigneur, laisser au P. Blanc ses messes pour ses dettes. Cela fait pratiquer le détachement des choses, mais cela détache des hommes. Voilà ce qu’il est bon que vous sachiez. Du reste, le collège va bien. L’oeuvre de la jeunesse se développe admirablement.

Adieu, cher ami. Ce pauvre empereur(4) s’est laissé mourir. Je le plains à cause du compte qu’il a eu à rendre à Dieu. Mille fois et tendrement vôtre.

E.D’ALZON.

Le P. Germer eût-il bien mal fait de m’écrire un mot depuis son arrivée? J’ai voulu que la lettre de l’an du P. Jules vous arrivât pour que vous puissiez en juger(5).

E.D'ALZON
Notes et post-scriptum
1. Il ne veut plus seulement quitter la maison de Paris mais la congrégation.
2. L'installation du P. d'Alzon aux Moulins-à-vent ne lui plaît guère -ce sont de nouveaux frais- et d'autre part le bruit s'est répandu qu'il allait quitter le Vigan.
3. Au collège.
4. Napoléon III était mort à Chislehurst le 9 janvier.
5. La lettre n'est pas conservée et le P. Picard n'y fait pas allusion.