Cher ami,
J’ai déjà écrit hier au P. Desaire. Je l’autorise à faire sa retraite où il voudra, mais tenez-lui mon langage. S’il reste, qu’il se convertisse. Il a besoin de conversion à la vie religieuse. Je me fais à son départ.
J’ai écrit au Fr. Etienne qu’il m’était impossible de le relever de ses voeux, qu’il n’avait qu’à écrire à Rome, que je serais consulté et que je parlerais. Je lui disais comme à vous qu’il ne pouvait avec son orthographe être autre chose que sacristain, puisqu’il me disait surtout: « Je ne veu aller ni à Arras ni à Brebis »(1). Prions bien, mais soyons fermes.
Le Père Emmanuel est convaincu qu’à en juger par la sévérité des jugements portés en Savoie sur le P. D[esaire], son départ ne produira qu’un bon effet. Le P. Blanc semble du même avis. C’est un petit saint. Il est aussi pris par le coeur à mon endroit. Si le P. Desaire veut mener la vie d’un novice, il peut venir à Nîmes, mais il aura de très rudes assujettissements. Enfin, à la garde de Dieu!
Adieu. Ne vous tourmentez pas(2). Je fais bien prier. Tout à vous en N.-S.
E.D’ALZON.
Poussez au départ de Nîmes de Soeur M.-André; elle verra la fin de la Mère Marie-Gabrielle. Je vais vous envoyer une petite postulante. Elle est un peu étourneau en apparence, mais elle a du bon et du très bon.

