Cher ami,
Si le P. Desaire arrive, il sera reçu à bras ouverts. Je pars pour quelques heures: M. Edmond d’Alzon(1), mon cousin, est mort presque subitement. Mais je serai à Nîmes mercredi, à midi ou à 6 heures au plus tard. Il viendra dans notre donjon(2).
Faites des quêtes pour nous, mais le besoin n’est pas imminent; nous avons mon traitement de janvier. Seulement, il faut sérieusement s’occuper de la caisse de la maison-mère. Le P. Hippolyte aurait dû venir aujourd’hui; je n’ai pas entendu dire qu’il ait paru. Il faudra mettre le P. François à Arras, croyez-le, après lui avoir lavé la tête; mais souvenez-vous qu’il est faux par faiblesse et suffisance. Il a quelque chose de faussé par le sentiment de son importance. Tenez compte de tous ces sentiments. Ce dont il a besoin, c’est d’être paternellement humilié. Adieu. Prions Dieu.
Je ne sais où est l’illustre Fr. Etienne, mais il faudra bien qu’il vienne à résipiscence, à moins qu’il ne soit fou. Adieu, et tout vôtre.
E.D’ALZON.
Si le P. Desaire n’est pas parti, faites-lui bien observer que je lui ferai faire une retraite; mais que s’il veut nous rester, il faut qu’il change entièrement. Si le P. Desaire est à Paris, dites-lui que je ne lui écris pas, parce que je vais monter en chaire (3).

