Cher ami,
M. de Damas m’écrit pour me demander la permission de vous faire aller à Montdespic(1). Je permets, mais n’oblige pas. Décidez.
Le P. Desaire est arrivé. Je le garde quelques jours. Je vais lui faire faire un travail sous mes yeux. Il parcourra les Bollandistes et notera toutes les vies que l’on peut publier en latin ou en grec. Je l’ai déjà fait pour un volume. Ce serait très utile pour ranimer le goût du surnaturel et de la sainteté(2). Il a avoué toutes ses sottises. Dieu veuille qu’il n’en fasse pas de nouvelles! Entre P. Blanc et le Frère Georges il faudra qu’il marche. Il ne s’occupera que de sa sanctification, car le travail que je lui donne, c’est la lecture de la vie des saints.
Ce que vous me dites de la visite au nonce m’intéresse beaucoup(3). La réunion des prêtres va à merveille. Aujourd’hui, nous étions à peu près 15, et plusieurs autres s’annoncent(4). J’espère en tenir beaucoup par là. L’oeuvre de la jeunesse grandit. Je vais écrire à Pagès, mais dites-lui qu’après avoir traîné, l’idée du Comité catholique prend un bel élan. L’abbé Barnouin a formé dans sa paroisse un sous-comité, formé des présidents et vice-présidents des Cercles. Il a 5 cercles, nous avons 22 cercles pour le quart d’heure. Hier, à la cathédrale, j’ai expliqué l’idée du Comité catholique; cela a pris comme une traînée de poudre. Je prêchais sur les cinq crimes de l’homme contre la famille. J’ai fini en disant que si je m’appuyais sur le peuple, c’est qu’en général, et à Nîmes en particulier, ce qu’il y avait de plus chaste, c’était le peuple(5).
Le Père Alexis vous remercie et va voir ce qu’il fera de son père(6). Peut-être encore le poussera-t-il à Paris. Il y a quelques petits tiraillements entre lui et le P. Emmanuel. Cela aura son terme. J’ai autre chose à vous dire que j’oublie.
Je crois qu’ici les bons gagnent du terrain. Quant à Aix, c’est chose difficile(7). Demandez à Veuillot s’il a la copie de la lettre que Jules Simon écrit aux évêques pour les prier de désigner des candidats à l’épiscopat. C’est le comble de l’hypocrisie.
Totus tibi.
E.D’ALZON.
Il faudrait faire savoir à l’ex-Frère Etienne que je ne puis pas le relever de ses voeux(8).

