Cher ami,
Le télégraphe vous a répondu, puisque je ne pouvais le faire, vu l’heure où la lettre du P. V[incent] de P[aul] est arrivée. L’évêque n’a pu voir le Pape, mais il ne voudrait pas, à son avis, des pèlerinages de foules, il voudrait des pèlerinages de groupes(1). C’est son impression. Trop nombreux, ils amèneraient évidemment des chocs; par 50 à 100, il n’y aurait pas d’inconvénients. A Nîmes, quelques personnes sont toutes prêtes à partir. J’avais dit à la cathédrale qu’il faudrait un représentant au moins par canton. Je crois que nous les aurons, mais j’ai ajouté que, cette année, il fallait se saigner à blanc pour le Saint-Père et que ceux qui resteraient pussent envoyer tout ce qu’ils pourraient au denier de Saint-Pierre.
Le P. Jules est très ébranlé, mais je crains qu’il ne devienne stupide. Le P. Adrien(2) ne restera pas, mais nous nous séparerons en bons termes. Merci de vos 400 francs; ils ont été immédiatement employés.
Adieu, très cher ami. Mille fois vôtre.
E.D’ALZON.
Je n’ai pas le temps de répondre au P. V[incent] de P[aul]. Je meurs de sommeil.

