Ma chère fille,
Je vous remercie de ce que vous voulez bien me proposer, mais je ne puis vous cacher que le P. Alexis doit me remplacer(2). C’est prévu, mais auprès des novices il ne le peut. Le tour joué par le P. Desaire me casse bras et jambes en m’ôtant le P. Blanc, que pourtant je ne connaissais pas suffisamment.
Quoi qu’il en soit, je vois une oeuvre à laisser tomber, si je m’absente trop sans y mettre quelqu’un à poste fixe. J’arriverai vers le 22 mars, je donnerai trois jours à Saint-Roch et je reviendrai ici au plus tôt. L’on n’a cessé de me porter des plaintes sur le P. Baptiste, tant que j’ai paru vouloir le laisser; je veux l’échanger, aussitôt le voilà transformé en être indispensable. Ici il m’eût remplacé provisoirement, comme m’eût remplacé l’ex-Père Blanc; mais il faut s’accoutumer à ne pas être en deux endroits à la fois.
Je suis si persuadé de la nécessité de ma présence à Nîmes que je sacrifierai le Congrès catholique, malgré l’intérêt que je porte à ces assemblées. Je crois avoir fait un peu de bien aux Enfants de Marie d’ici. Il s’est opéré un mouvement vers l’Assomption très développé, mais je vous en parlerai. Nous pouvons prendre pour la prise d’habit d’Elise Chabanon le 27, le 28 ou le 29.
Adieu, ma chère fille. Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.
E.D’ALZON.
La clôture de l’exercice de la maison nous donnera un superbe résultat, eu égard à ce que nous craignions.

