Mon délicieux fils,
Vous me comblez de joie par vos longues lettres(1); elles me reposent, elles me rafraîchissent, elles me fortifient. Dieu soit béni de ce que le Pape a choisi l’Assomption(2)! Ainsi soit-il! Je comprends la rupture des correspondances par l’arriéré, mais, de grâce, ne rompez pas la vôtre (correspondance) avec moi.
L’histoire du Congrès de l’enseignement par le P. Clair est un immense malheur(3). Que cela n’arrive plus! Ce qu’il y aurait de mieux à faire, ce serait de le faire nous-mêmes par avance dans la Revue, d’en faire un tirage à part pour le distribuer au futur Congrès catholique. Le P. Picard prendra de l’expérience, vous le verrez, et vous laissera faire ce que vous vous sentez capable de faire(4). Quant au programme dont vous êtes chargé, communiquez-en l’esquisse, afin que je voie clair, non pas le P. Clair, mais la clarté, ut fiat lux.
Vous avez raison. Nous sommes la cause de nos désagréments; seulement vous ne m’envoyez pas l’extrait du procès-verbal. Les Jésuites n’ont pas été représentés au Conseil supérieur(5) par la volonté de Mgr Dupanloup, me disait hier l’évêque de Nîmes.
Adieu, cher fils. Ah! que vous auriez besoin de cinq ou six aides! Totus tibi.
E.D’ALZON.
Et la Revue? Ses retards sont trop intolérables. On vous dira que j’ai été malade; mais, sauf vingt-quatre heures, j’ai été surtout hypocrite.

