Ma bien chère fille,
Est-il donc vrai que vous êtes guérie(1)? La lettre du P. Emmanuel, la dépêche de votre soeur me l’ont bien annoncé, mais est-ce positif? Il me semble que vous m’auriez écrit quelque chose, hier soir, si c’était certain. Sur la foi du P. Emm[anuel], d’Aug[ustine] et du Frère Georges, j’ai dit ce matin une messe d’action de grâces. Me suis-je trop pressé? J’ai demandé à saint Vincent de Paul de vous rendre une aussi bonne fondatrice qu’il a été bon fondateur, de vous inspirer son esprit de Dieu, sa prudence, son humilité, sa fermeté. Je faisais pour vous les plus beaux projets de sainteté et d’activité; mais si vous n’êtes pas guérie, c’est la vertu de patience qu’il faut surtout demander.
Pendant que vous étiez à Lourdes, j’ai été assez souffrant. Cela n’a pas duré heureusement. Je me soigne tant que je puis. Vous ai-je écrit qu’une partie de la voûte de l’église de l’Espérou s’était écroulée? Enfin, à la garde de Dieu qu’il faut bénir en toute chose.
Adieu, ma fille. Bien vôtre. Guérie ou non, vous savez bien ce que je vous suis.

