DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 108

Vive le congrès de 74! – Un pèlerinage d’hommes pour Lourdes – Trouvez-moi des vocations – Varia.

Mon cher ami,

Le Congrès de 73 est mort(1), vive le Congrès de 74! Oh! pour celui-là il sera fameux. Au moment où vous m’annonciez la mort des marchands de parapluies et des rivières, nous jouissions à Nîmes du plus rafraîchissant orage. J’espère qu’il vous en sera arrivé quelque chose. Je fais les voeux les plus sincères en ce sens.

J’ai beaucoup de choses à vous dire: 1° Que je vous recommande une circulaire, que j’adresse aux curés du diocèse [de] Nîmes, pour convoquer à Lourdes un pèlerinage d’hommes(2). Engagez les catholiques des divers diocèses à s’y rencontrer, faites mousser la chose dans l’Univers et le Pèlerin, parlez-en à Nantes, enfin partout. Un pèlerinage le jour de Notre-Dame des Douleurs et le lendemain, jour de Saint-Michel. Enfin, tournez-moi cela à votre façon.

2° Le jeune Galli(3) n’a pas paru; je l’attends.

3° Dans votre voyage à Nantes, pour l’amour de Dieu trouvez-moi des vocations. C’est l’important. Il faut des jeunes gens, les vieux ne réussissent pas autant.

Je suis au milieu du noviciat, qui commence ce soir sa retraite. Priez pour les retraitants. Enfin je vous aime de tout mon coeur. Puisqu’il n’y a pas de Congrès, le P. Picard ne pourrait-il pas venir au Vigan? Nous lui donnerions de si bon lait.

Adieu. Totus tibi.

E.D’ALZON.

Demandez de ma part au P. François pourquoi il n’écrit ni à sa soeur ni à son père. Son père est furieux, sa soeur se contente de pleurer. Est-ce qu’il a aussi peu de coeur que de tête? Je désire savoir si le P. Pierre-Baptiste est à Brebis ou à Arras, car, s’il est à Brebis, je vais le faire revenir.

Je m’arrête. Mais vous saurez sous peu qu’à Rochefort le pèlerinage comptait 5.700 ou 5.800 hommes et qu’on a donné 4.830 communions(4). Il y avait quelques femmes étrangères.